Total

Fondation Copernic

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Grand groupe français qui, malgré des bénéfices croissants, n’a payé aucun impôt sur les sociétés. Cas d’école révélateur de la nature de la justice fiscale prônée jusqu’au bout par l’équipe Sarkozy. Dernière illustration en date, la contribution des entreprises, et surtout des plus grandes, aux deux plans de rigueur de 2011 est minime. L’impôt sur les grandes sociétés est relevé seulement de 5 % pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 250 millions d’euros par an, et temporairement (en 2012 et 2013).

Total n’a pas payé un centime d’euro d’impôt en France en 2009, alors que les bénéfices de cette entreprise mondiale se chiffraient à environ 8 milliards d’euros; pour 2010, rebelote avec plus de 10 milliards d’euros de bénéfices, et ceci en toute légalité. En effet, Total bénéficie du régime « bénéfice mondial consolidé » (BMC) accordé par Nicolas Sarkozy, ministère de l’Economie et des Finances. Le BMC permet à un groupe d’être exonéré d’impôt sur les sociétés quand ses activités sont déficitaires à l’étranger. Ainsi, ce procédé participe de l’évolution du partage des richesses au détriment des travailleurs et au profit du capital. De 1981 à 1995, la part des salaires est passée de 71,8 % à 60,3 %, soit 10 points de PIB en moins !

Or, ce n’est pas la seule des possibilités offertes aux grandes entreprises pour échapper à la solidarité nationale, Total utilisant aussi le crédit impôt recherche. Il s’agit tout simplement de réduire l’impôt sur les sociétés d’une fraction des activités de recherche. Pour une grande multinationale comme Total, cette part n’est pas forcément très importante en pourcentage. Il n’en reste pas moins que cette réduction d’impôt est consommée à près de 50 % par les entreprises de plus de 2000 salariés (chiffre 2006).

Ces réductions d’impôts illégitimes ont-elles au moins servi à maintenir les emplois ? Pas du tout. En 2008-2009, Total n’a pas hésité à licencier plusieurs centaines de ses salariés : Hutchinson, Vierzon, Châteaudun, Mapa à Liancour, la raffinerie de Maydyck Dunkerque, sans oublier la menace sur le site de Gonfreville l’Orcher, en 2011.

En parallèle, et parce que la tendance est à s’orienter vers un profit rapide, Total s’est lancé dans le discount. Sous un nouveau label, Total Access, il va reconvertir les stations Elf et 280 stations traditionnelles. Dans un premier temps, cela va entraîner une diminution des coûts pour le consommateur, mais, très vite, des stations traditionnelles vont disparaître. Il n’en reste plus que 12 051 à la fin de 2011 dans tout l’hexa- gone (dont 40 % gérées par la grande distribution), contre 47 500 en 1975. Quant au prix pour le consommateur, il repartira très vite à la hausse.

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notes/bilan/pages/travail/total.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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