Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP)

Fondation Copernic

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Révision générale des politiques publiques, dite RGPP. Nom donné à une approche étroitement comptable de l’action publique lancée en juin 2007. Inspirée du new public management, elle a comprimé comme jamais la surface et les fonctions des services de l’État. Jamais aucun bilan officiel n’en a été établi.

Six mois après son lancement, quatre-vingt-seize mesures programment autoritairement fusions, regroupements et sup- pressions dans les administrations, sans aucune concertation avec les personnels. Chaque ministère, placé par l’Élysée en concurrence avec tous les autres, s’emploie alors à gonfler son « rendu d’emploi », impératif catégorique d’un État proclamé en faillite par François Fillon en septembre 2007. L’Éducation nationale ferme les collèges de moins de 200 élèves et détruit plus de 15 000 postes par an.

Le ministère de la Santé supprime les maternités de proximité des hôpitaux publics, considérés comme trop onéreuses à moins de 300 accouchements par an, et impose un seuil de 1 500 actes annuels pour les services de chirurgie.

À l’Intérieur, préfectures et sous-préfectures subissent une cure d’amaigrisse- ment. Dans la police nationale, 8 000 postes sont supprimés sur quatre ans. Ministère voisin, la Défense a précédé le mouvement : fermetures de casernes et liquidation de 46 000 emplois avant 2014.

Des dizaines de consulats disparaissent au ministère des Affaires étrangères et celui de la Culture restructure les Archives nationales en augmentant la charge de travail des agents.

Les Finances « rationalisent » à tous niveaux en fusionnant et réduisant les services.

Les personnels du ministère de l’Agriculture et de la Pêche expérimentent la mobilité forcée des fonctionnaires.

On peut multiplier les exemples : aucun ministère n’est épargné, tous sont sommés de dimi- nuer les coûts publics en diminuant les emplois payés par l’État. Cette compression des services publics s’accompagne chaque fois de transferts d’activité vers le privé, directement ou via les partenariats public-privé (à l’école, dans la culture, l’action sociale, la logistique militaire…).

Les usagers des services publics en deviennent les clients, l’activité des fonctionnaires, partout insécurisée et sommée d’être d’abord financièrement « rentable », se retrouve enser- rée dans des règles de comptabilité importées du privé. Le recours aux contrats précaires s’accroît encore d’usage dans les services publics.

Pour imposer l’ensemble, les chefs de service sont promus « managers » et, sur le modèle du privé, individualisent les carrières, mutent les agents, les contrôlent de façon « caporalisée », cassent les collectifs et intensifient le travail jusqu’à en faire une mission impossible.

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notes/bilan/pages/services_publics/rgpp.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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