Retraites

Fondation Copernic

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Conquis social des salariés attaqué frontalement par une loi de l’équipe Sarkozy en 2010, au mépris du plus grand mouvement social que la France ait connu depuis novembre 1995. Dans le cadre du second plan de rigueur de l’année 2011, elle est encore durcie : le passage légal à 62 ans est avancé d’un an (2017 au lieu de 2018).

Les dites « réformes des retraites » resteront parmi les pièces essentielles des politiques néolibérales menées depuis plusieurs décennies.

En 1993, le gouvernement Balladur ouvre la première brèche dans le droit à la retraite des salariés du privé : allongement de la durée de cotisation de 37,5 ans à 40 ans, prise en compte des vingt-cinq meilleures années au lieu des dix, indexation des pensions sur les prix et non plus sur les salaires, introduction d’une décote par année de cotisation manquante. Cette réforme anti sociale va donner le « la » des suivantes.

En 2003, la réforme Fillon allonge la durée de cotisation des fonctionnaires à 40 ans. Elle fixe le principe d’un allonge- ment permanent de cette durée pour tous les salariés au prétexte de l’allongement de l’espérance de vie – pourtant très inégalement réparti selon les catégories sociales. De plus, elle réduit fortement dans la fonction publique la majoration de durée d’assurance attribuée aux femmes au titre des enfants – alors que ce mécanisme ne compense que très partiellement les inégalités de pension subies par les femmes.

La réforme Sarkozy-Fillon-Woerth de 2010 marque un pas de plus dans la remise en cause du droit des salariés à la retraite. Les deux mesures les plus emblématiques en sont le recul de l’âge auquel le salarié peut partir à la retraite sans décote, même s’il n’a pas atteint la durée de cotisation requise, qui passe de 65 à 67 ans ; et le recul de l’âge légal de la retraite de 60 à 62 ans. Aussi, cela revient à faire cotiser deux années supplémentaires ceux qui ont travaillé plus tôt, et cela même s’ils ont le nombre suffisant d’annuités, c’est-à-dire les ouvriers et les employés. Parallèlement, l’augmentation de la durée de cotisation est accélérée : le passage à 41,5 ans de cotisation se fera à partir de la génération née en 1955. Le recul de l’âge sans décote à 67 ans frappe particulièrement les femmes : la plupart d’entre elles ne réussissent pas à atteindre la durée de cotisation requise, et elles sont nombreuses à attendre l’âge de 65 ans pour ne pas subir une décote d’autant plus pénalisante que leur pension est faible.

Trois motivations principales ont guidé le gouvernement, appuyé par un syndicat patronal (Medef) conquérant. La première est de baisser le niveau des pensions, en sachant qu’il sera de plus en plus difficile de remplir l’obligation de durée de cotisation, surtout dans un contexte où le chômage resterait élevé. La deuxième est d’ouvrir une porte plus grande aux retraites par capitalisation, sur laquelle comptent toutes les compagnies d’assurance et tous les fonds de pension en mal de liquidités. La troisième est de fournir des gages aux marchés financiers et de préserver l’absurde triple A – ainsi que l’a reconnu cyniquement François Fillon – en signifiant le recul des solidarités collectives et l’engagement de l’État à réduire les dépenses publiques et sociales.

Imposées de force contre les mobilisations populaires, toutes ces réformes nient l’énorme détournement de richesse au bénéfice des actionnaires, au détriment des salaires et des retraites ; elles empêchent d’envisager une augmentation des cotisations pour préserver le système par répartition. Elles font fi de la pénibilité et des inégalités qui frappent de nombreuses catégories de la population, surtout les femmes. Elles contribuent à perpétuer les situations de chômage et de précarité. Elles sont d’autant plus perverses qu’elles laissent s’installer parmi les jeunes l’idée qu’ils n’auront jamais droit à une retraite.

Voir Fondation Copernic/Attac, Retraites. L’heure de vérité, Syllepse, 2010

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notes/bilan/pages/services_publics/retraites.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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