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Fondation Copernic

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Domaine où l’entreprise de démolition sarkozyste a trouvé particulièrement à s’illustrer.1)

Sous la houlette de Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche de 2007 à la mi 2011, les réformes menées au pas de charge, ont eu un objectif très précis : mettre au pas la recherche publique française et la subordonner aux intérêts économiques et financiers.

Le moyen utilisé ? La transformation de la recherche issue des universités et des établissements publics à caractère scientifique2) en une marchandise produite par des entreprises poursuivant des objectifs à court terme pour un marché concurrentiel. Suivant les dogmes libéraux du « new public management » anglo-saxon, déjà à l’œuvre dans la révision générale des politiques publiques (RGPP), le gouvernement a transmuté les chercheurs en des managers à évaluer selon des indicateurs de performance. Alors que l’excellence de la recherche française était reconnue au niveau international (6e pour le pays et 1re pour le Centre national de la recherche scientifique, en termes de publications – classement de l’institut espagnol SCImago 2009 ; 1er européen, 4e mondial pour le CNRS selon Webometrics/OCDE/ OST 2006), on a renforcé, à tous les niveaux, les logiques individuelles au détriment des fonctionnements collectifs : évaluation et primes individuelles en fonction de la performance ; casse et mise en concurrence des laboratoires à travers les « projets d’excellence » (équipEX, labEX, idEX) financés par le Grand emprunt et qui ne concerneront que 20 % des chercheurs ; concentration des organismes (les universités au sein de pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) régionaux, le CNRS en dix instituts disciplinaires, l’Inserm en huit instituts) sur le modèle des clusters américains avec pour conséquence un renforcement de la différentiation thématique des pôles suivant une logique de produits concurrentiels (les technologies de l’information au plateau de Saclay, les nano-technologies à Grenoble…) ; allocation des ressources financières à quelques « pôles d’excellence » et réduction des crédits restants pour la majorité des laboratoires ; difficulté accrue de développer des travaux sur des thèmes non prioritaires ou interdisciplinaires…

Dans un même mouvement, le rôle des agences extérieures au monde de la recherche se renforce. Créée sous le gouvernement Raffarin en 2005, l’Agence nationale de la recherche (ANR) est devenue l’unique guichet de financement de projets de recherche, qui permet un pilotage direct de la recherche à très court terme (financements sur une durée de quatre ans au plus) à travers le choix des thèmes et des récipiendaires des ressources.

De la même façon, suivant les préconisations du processus de Bologne, l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement (AERES) a vu son emprise s’étendre et remplacer peu à peu les commissions de pairs pour l’évaluation de tous les niveaux de la recherche. (conseil national des universités pour l’université, comité national pour le CNRS). Là encore, en oubliant la spécificité de la recherche, qui nécessite la coopération de chacun dans un effort commun pour produire des connaissances, l’équipe Sarkozy a contribué à développer une vision court-termiste et comptable de la recherche française, favorisant de fait la constitution d’une nouvelle oligarchie ploutocratique.

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Glossaire

  • ANR : Agence Nationale de la Recherche
  • AERES : Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur
  • CNRS : Centre National de la Recherche Scientifique
  • CNU : Conseil National des Universités
  • EPST : Établissements publics à caractères scientifiques et technologiques
  • RGPP : Révision générale des politiques publiques, lancée en juillet 2007
  • LRU : Loi relative aux libertés et responsabilités des universités, 10 août 2007
  • PRES : Pôle de recherche et d’enseignement supérieur
  • Idex : Initiative d’excellence
  • Labex :Laboratoire d’excellence
  • Équipex : Équipe d’excellence

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1) Nicolas Sarkozy, discours sur «la recherche et l’innovation »,22 janvier 2009 ; on trouvera la réponse du prix Nobel de physique 2007, Albert Fert sur le blog Sciences de Sylvestre Huet et une analyse critique du discours sur Youtube.
2) Exemples d’établissements de ce type : CNRS,Inserm, Institut national de la recherche agronomique (INRA), etc.
 
 
notes/bilan/pages/services_publics/recherche.txt · Dernière modification: 2012/02/21 14:39 par michel
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