Programmes scolaires

Fondation Copernic

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Biais utilisé par l’équipe Sarkozy pour imposer son approche de la société.

La rentrée 2011 a été encombrée par le battage médiatique de 80 députés et 113 sénateurs, du parti UMP pour la plupart, résolus à faire retirer des manuels scolaires de SVT la notion de « genre », qui « dénature » selon eux l’identité sexuelle, en l’associant non plus seulement à la détermination biologique, mais aussi au contexte socioculturel. Les mêmes, décidé- ment aux aguets, reprochent peu après au ministre Luc Chatel d’avoir introduit la « famille homoparentale » parmi les formes familiales envisagées dans le nouvel enseignement des « grands enjeux contemporains » au lycée. On pourrait bien sûr clore le débat en évoquant les Nuers, peuple du Soudan étudié par Evans-Pritchard dans les années 1930, dont les femmes stériles pouvaient fonder une famille en tant que… père, ou bien encore réfuter ces visions rétrogrades en mobilisant les travaux des gender studies qui, dans la continuité du Deuxième sexe de Simone de Beauvoir, ont solidement établi la construction sociale des identités sexuelles. Peine perdue, car le problème est bien plutôt dans la voie ouverte à ces ultras de l’UMP par la majorité de l’Assemblée nationale, qui leur a créé un « groupe de travail sur le contenu et l’élaboration des manuels scolaires ». L’offensive de la droite ne s’est pas arrêtée là ; elle a également cherché à politiser les programmes en les livrant à l’action de lobbies économiques, religieux ou politiques, et en faisant pression sur des commissions des programmes truffées d’hommes liges ou d’« experts » moins soucieux de pédagogie que d’idéologie ou d’encyclopédisme.

Le démantèlement des programmes de sciences économiques et sociales (SES) illustre tragiquement cette politisation. Depuis la rentrée 2010, dans le cadre de la réforme du lycée, ces derniers ont été profondément modifiés. Désormais, les savoirs et les objets des SES sont fractionnés au profit d’un empilement de notions disparates et abstraites qu’il s’agit d’inculquer, dans un temps réduit de 25 %, à rebours des méthodes pédagogiques actives qui suscitaient l’investisse- ment intellectuel et citoyen des élèves dans cette matière. Il s’agit là d’une victoire du monde de l’entreprise qui n’a pas ménagé sa peine : phagocytage du corps d’inspection des SES par l’Institut de l’entreprise, dirigé par Michel Pébereau ; expertises « spontanées » du Conseil pour la diffusion de la culture économique, créé en 2006 par Thierry Breton, et de l’Académie des sciences morales et politiques, etc. Malheureusement, l’histoire, les mathématiques et les matières scientifiques, parfois amputées de leurs indispensables séances expérimentales en demi-classe, ont toutes subi le même effet de ciseau entre embonpoint des programmes et maigreur des horaires.

Voir Fondation Copernic, L’Éducation nationale en danger, Syllepse, 2011

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notes/bilan/pages/services_publics/programmes_scolaires.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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