Vidéosurveillance

Fondation Copernic

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Appelée aussi astucieusement vidéo-protection par l’équipe Sarkozy. Outil privilégié par l’État sécuritaire pour contrôler la société, symbole de la privatisation des institutions régaliennes (école, police, justice).

La déclaration des droits de l’Homme proclame le droit à la sûreté, assurant la protection du citoyen contre l’arbitraire du pouvoir et ses excès. Il est ainsi l’exact inverse du droit à la sécurité, posé comme prioritaire aujourd’hui, représentant un droit d’ingérence générale de la police dans les existences individuelles.

Cette ingérence s’est considérablement étendue dans le temps et l’espace. La loi sur la sécurité intérieure (Loppsi 2, février 2011), douxième texte depuis dix ans légiférant sur la surveillance, autorise les entreprises, les copropriétaires, les commerçants à placer des caméras où bon leur semble.

Il existe deux types de caméras de vidéo- surveillance, à près de 60 000 euros l’unité. Dans l’une, les images ne sont pas enregistrées, ni conservées. Elles permettent d’identifier des personnes physiques. Dans l’autre, on enregistre et traite les images collectées, en vue de constituer des bases de données. Ainsi, au fur et à mesure que les dépenses de personnel de justice se réduisent, que les fonctionnaires partant en retraite ne sont plus remplacés, les entreprises privées s’approprient le marché de la sécurité.

Pour quel résultat ? Les quelque 150 caméras installées à Lyon ont coûté un milliard d’euros à la ville en dix ans. Or, selon le rapport 2010 de la Chambre régionale des comptes de Rhône-Alpes, la délinquance a davantage baissé à Villeurbanne, qui n’en possède aucune.

Tous les rapports sur ce sujet démontrent que la vidéo-surveillance permet seulement d’écourter quelquefois les enquêtes a posteriori. Ils pointent trois faiblesses : la mise en œuvre technique, la disproportion des objectifs assignés à la technologie et le facteur humain. Une étude révèle que 86 % des individus surveillés ont moins de 30 ans, que 93 % sont de sexe masculin, et que les personnes noires ont deux fois plus de chance de faire l’objet d’une attention particulière, ce qui constitue une discrimination complémentaire d’une population déjà en situation précaire et une atteinte caractérisée aux droits fondamentaux.

En conclusion, la vidéo-surveillance, qui rate son objectif avoué de dissuader et de détecter les délits, est l’outil d’une société de la défiance, tentant de se prémunir contre tout risque social, en mettant à l’index les pauvres, les chômeurs et les étrangers. En réponse au chômage de masse, l’État sécuritaire a remplacé l’État social.

Voir Fondation Copernic, Filmer, ficher, enfermer, vers une société de la surveillance ?, Syllepse, 2011

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notes/bilan/pages/securite/videosurveillance.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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