Schengen

Fondation Copernic

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Nom du traité modifié par l’équipe Sarkozy en juin 2011. À l’origine, il devait mettre fin aux contrôles aux frontières intérieures de l’Europe.

Conçu en 1985 pour faciliter la circulation entre les pays signataires, l’accord de Schengen, d’abord conclu à cinq, a été étendu à presque tous les États membres de l’Union européenne à partir de 1997. Son mécanisme repose sur la suppression des contrôles aux frontières intérieures, que compense le renforcement de la protection des frontières extérieures. Pour pénétrer dans l’espace européen ainsi sanctuarisé, les étrangers doivent produire le fameux « visa Schengen » que leurs gouvernements ont chèrement monnayé. En général, en acceptant de signer des accords de réadmission, clefs de voûte de la politique d’expulsion des sans-papiers par les pays européens.

Schengen traduit les aspirations contradictoires des gouvernants européens, qui veulent tout à la fois attirer les ressortissants de pays tiers dont leurs économies ont besoin, dissuader les indésirables, et fluidifier le franchissement de leurs frontières tout en en gardant le contrôle. Ce faisant, il segmente et discrimine.

D’abord au sein même des pays européens : pour être admis « au club Schengen », il faut montrer qu’on est en mesure de lutter contre l’immigration illégale sur son propre sol. La Roumanie et la Bulgarie, dont l’adhésion aurait dû intervenir début 2011, n’en ont pas été jugés dignes, en rai- son, selon la France et l’Allemagne qui s’y sont opposés, d’un « niveau inquiétant » de corruption et de crime organisé. Ensuite, selon les personnes qui circulent. Si les citoyens européens jouissent d’une liberté de circulation totale sur le territoire de l’Union européenne – encore faudrait-il nuancer l’affirmation s’agissant des sous-citoyens que sont, de fait, les Roms, à en juger le traitement qu’ils subissent, notamment, en France et en Italie – les résidents étrangers, fussent-ils installés de très longue date dans un des États membres, n’ont le droit de se rendre dans un autre pays européen que pour une durée n’excédant pas trois mois.

Quant aux étrangers non-résidents, tout est fait pour les maintenir à distance. Prenant prétexte de l’arrivée en France de quelques milliers de Tunisiens, parmi ceux qui ont pris la mer pour rejoindre les côtes italiennes à la faveur de l’euphorie post-révolutionnaire de début 2011, les autorités françaises ont obtenu de la Commission européenne le principe d’une révision de Schengen en vue de rétablir des contrôles aux frontières intérieures « en cas de pression forte et inattendue aux frontières extérieures de la zone Schengen ».

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notes/bilan/pages/securite/schengen.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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