Médiator

Fondation Copernic

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Nom du médicament des laboratoires Jacques Servier autorisé à la vente par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS). Entre 1976 et 2009, il aurait causé 500 décès et 3 500 hospitalisations, selon la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM).

Dès le début de sa commercialisation (1973), et jusqu’en 2008, des chercheurs, dont le docteur Irène Frachon (pneumologue au CHU de Brest), mettent en doute l’intérêt et la qualité de ce médicament, prescrit notamment aux diabétiques et massivement utilisé pour son effet anorexigène .

Or, alors que le principe de précaution est brandi lors du vent de panique provoqué par le virus H5N1 en 2009 – per- mettant au passage aux laboratoires d’encaisser plus de

700 millions d’euros d’argent public – il faudra attendre en France treize ans de plus que les États-Unis et sept ans de plus que l’Espagne et l’Italie, pour que le Médiator reçoive un avis défavorable de la part de l’AFSSAPS, et soit enfin retiré de la vente.

Avec l’affaire du Médiator, c’est la collusion entre un certain monde politique et des groupes privés qui éclate au grand jour : un financement de l’AFFSSAPS assuré à hauteur de

50 % par des laboratoires privés ; des conseillers du ministre de la Santé de l’époque, Xavier Bertrand, travaillant également pour Servier ; une ex-directrice de l’Inserm relisant, avant sa publication, le rapport du Sénat relatif à l’affaire Servier… Sans oublier le fait que l’avocat Nicolas Sarkozy avait, parmi ses principaux clients, lesdits laboratoires. Devenu Président, il remet la grande croix de la Légion d’honneur à son ami Jacques, avec cette adresse : « Vous avez une conception profondément humaine de votre métier. »

L’éclatement du scandale Médiator ne met malheureusement pas fin à ces pratiques. Des salariés directement en cause dans cette affaire retrouvent même des postes à responsabilité au sein d’organismes et de structures médicales publiques : une ex-experte de Servier, en charge de l’évaluation du Médiator entre 1998 et 2009, est un temps envisagée comme directrice à l’AFFSSAPS ; une ancienne chef du service de la gestion des risques et de l’information sur les médicaments à l’AFFSSAPS, qui avait particulièrement mal géré le Médiator, est nommée à l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France… Preuve, s’il en était besoin, que les réformes actées en septembre 2011 n’ont absolument pas réglé les problèmes de fond, et notamment la question des conflits d’intérêt, dès lors qu’aucun moyen n’est envisagé pour créer un conseil d’experts indépendants.

Restent les victimes du Médiator, dont l’indemnisation est difficile car elles ne bénéficient pas de la « présomption d’origine », obtenue de haute et longue lutte par les salariés de l’amiante.

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notes/bilan/pages/securite/mediator.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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