Spéculation

Fondation Copernic

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Pari sur la fluctuation des prix encouragé par l’équipe Sarkozy, malgré la crise dans laquelle cette pratique nous a plongés depuis 2008.

Faire le bilan des années de pouvoir de l’équipe Sarkozy, c’est aussi se rappeler son programme de 2007. « Je pro- pose que ceux qui ont des rémunérations modestes puissent garantir leur emprunt par la valeur de leur logement », écrivait- elle à l’époque. Cette pratique a un nom : les subprimes, déclencheurs de la crise financière d’octobre 2008. L’équipe Sarkozy n’a donc pas pu les mettre en place, et s’est empressée de décréter que le capitalisme allait être moralisé, la finance réglementée, les bonus des traders encadrés.

Mais si les mots ont changé avec la crise, la volonté de favoriser la spéculation n’a pas diminué. Certes, le gouverne- ment a fait quelques réformes à la marge (légère hausse de la taxation des stock-options et des retraites chapeaux). Certes, l’équipe Sarkozy s’est ralliée très tardivement à l’idée d’une taxe Tobin. Mais le taux de 0,05 % qu’elle préconise n’est pas assez dissuasif pour empêcher les mouvements spéculatifs. De surcroît, la recapitalisation des banques en 2009 n’a été suivie d’aucune mesure de réglementation.

On le voit, l’équipe Sarkozy n’a jamais cherché à limiter concrètement les pratiques spéculatives risquées. D’ailleurs, alors que l’Allemagne interdit, dès juillet 2010, les ventes à découvert1) dites « à nu », ainsi que certains credit default swaps (CDS)2) , la France se contente de limitations partielles et temporaires de certaines ventes à découvert. Pire, elle ne respecte pas la directive européenne encadrant les bonus, qui prévoit l’équilibre des parts fixe et variable de la rémunération totale. En 2010, ils ont atteint un total de 2 milliards d’euros en 2010, comme l’année précédente.

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1) La vente à découvert consiste à emprunter des titres et à les re- vendre immédiatement dans l’espoir de les racheter plus tard à un cours plus bas afin d’empocher une plus-value avant de les restituer. La vente à découvert « à nu » consiste à vendre des titres qu’on n’a même pas empruntés.
2) CDS : contrats spéculatifs d’assurances contre le risque de défaut de paiement qui s’échangent sur les marchés financiers. Par exemple, de nombreux spéculateurs détiennent des CDS couvrant le risque de non-paiement de la dette grecque, sans détenir eux-mêmes de titres de dette grecque. Ils ont donc intérêt à ce que la Grèce n’arrive pas à rembourser sa dette, pour ainsi empocher l’assurance. C’est comme si votre voisin détenait une assurance incendie sur votre maison : il aurait intérêt à y mettre le feu.
 
 
notes/bilan/pages/pouvoir_d_achat/speculation.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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