Rilance

Fondation Copernic

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Néologisme inventé en juin 2010 par Christine Lagarde, alors ministre de l’Economie et des Finances de la France, visant à faire passer le soutien public aux banques pour une aide à la relance économique. Depuis, il a été large- ment démenti par les faits.

C’est au sommet du G8-G20 à Toronto en juin 2010 que Christine Lagarde forge ce néologisme. Ce faisant, elle illustre la double impasse dans laquelle ces gouvernements du monde auto proclamés engagent leurs populations.

D’un côté, la rigueur est présentée comme un impératif absolu, particulièrement dans les pays qui sont les principales victimes de la crise. L’onde de choc, partie des États-Unis en 2007, a rapidement atteint l’Union européenne, dont la construction a été pensée pour l’intégrer dans le capitalisme financier mondial, en obligeant notamment les États à se financer sur les marchés. Ployant sous le poids de la dette, tour à tour la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne, l’Italie… se sont vus administrer par l’Union européenne, la banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international des plans d’austérité draconiens.

Privatisations, diminution du nombre de fonctionnaires, réduction des salaires et des retraites sont censées briser le cercle vicieux de la récession et de l’endettement. C’est tout le contraire : la récession s’est aggravée et l’endettement public a fait un nouveau bond.

De l’autre côté, la relance de l’économie est, au mieux, un gadget idéologique visant à tromper l’opinion, car elle se heurte à la rigueur imposée par ailleurs ; au pire, une erreur grossière de stratégie, puisqu’aucun gouvernement ne comprend que la crise actuelle est une crise du modèle de développement, bien au-delà d’une simple crise financière. Dès lors, mettre en œuvre des aides à l’industrie, comme en France avec la prime à la casse des vieilles automobiles, sans s’interroger sur la nécessaire réorientation de l’appareil industriel pour prendre en compte la crise écologique, ne peut que provoquer une embellie éphémère, illusoire et dangereuse.

En soumettant les peuples à l’austérité et en voulant pour- suivre à tout prix une trajectoire productiviste, les gouvernements ont pris le parti de ceux que le capitalisme financier, non dévié de sa trajectoire, enrichit, et fait payer la crise à ceux qui la subissent. La rilance vient à point nommé pour brouiller les cartes.

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notes/bilan/pages/pouvoir_d_achat/rilance.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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