Prime

Fondation Copernic

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Astuce de l’équipe Sarkozy pour ne pas résoudre un problème de fond : en vingt-cinq ans, la répartition salaires- profits a reculé de dix points au bénéfice des seconds.

« Je voudrais qu’on imagine un système qui fait qu’au moment où on augmente ce qu’on donne aux actionnaires […], les salariés en aient une partie aussi », annonce Nicolas Sarkozy en avril 2011. Tel est l’objectif affiché de la « prime de partage des profits », instituée par l’article 1er de la loi de financement rectificative de la Sécurité sociale de juillet 2011.

Or, tel qu’il est formulé, le texte de loi démontre que l’équipe Sarkozy n’a jamais réellement souhaité augmenter la rémunération des travailleurs.

En effet, la prime s’impose uniquement aux entreprises de plus de 50 salariés, ayant versé des dividendes en hausse par rapport à la moyenne des deux exercices précédents. Ainsi, par exemple, les salariés de Total n’y ont pas droit, malgré les 5 milliards d’euros versés aux actionnaires en 2011. À la mi-octobre 2011, seul un tiers des entreprises concernées par cette loi ont ouvert des négociations sur cette prime, dont le montant atteindrait en moyenne 200 euros.

Par ailleurs, le montant de la prime n’est pas imposé par l’État. L’entreprise Securitas a choisi de verser entre 3,50 euros et 7,50 euros de prime de partage des profits à ses salariés. On est loin de la prime de1 000 euros annoncée initialement par l’équipe Sarkozy !

Au final, pour quelques centaines d’euros gagnés sous ce quinquennat, combien de milliers d’autres ont été perdus après les mesures de rigueur décidées en avalanche pendant ce quinquennat : franchises médicales, taxe sur les contrats de santé, modification du calcul des indemnités journalières d’arrêt maladie et des allocations sociales comme le logement… ?

Plus grave encore, cette prime est surtout un nouveau cadeau au patronat. D’abord, elle permet de sérieusement perturber les négociations salariales actuelles, et d’entretenir la confusion entre revenu et salaire. Ensuite, elle pousse les salariés à espérer que leur entreprise augmente les dividendes, donc, à être solidaires de la course au profit. Enfin, elle est une nouvelle niche fiscale : on peut craindre que certaines primes déjà versées soient étiquetées « prime dividendes », et bénéficient ainsi de l’exonération de cotisations sociales prévue dans le texte de loi.

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notes/bilan/pages/pouvoir_d_achat/prime.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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