Intéressement

Fondation Copernic

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Artifices utilisés par l’équipe Sarkozy pour éviter d’agir en faveur de la hausse des salaires.

Pour faire semblant de respecter son mandat de « président du pouvoir d’achat », Nicolas Sarkozy a multiplié les réformes inefficaces pour les salariés, et utiles au patronat. Outre la défiscalisation des heures supplémentaires, l’incitation à l’intéressement est l’autre axe central choisi par la droite.

Depuis 1958, l’intéressement permet aux entreprises de signer avec les représentants des salariés des accords fixant des modalités de calcul et de répartition attribuant une rémunération liées aux résultats. Cette méthode est encouragée par le syndicat patronal, le Medef, parce qu’elle est facultative, parce qu’elle évite d’augmenter les salaires et parce qu’elle pousse les salariés à accepter que leur rémunération soit liée aux profits, et ainsi à admettre qu’ils ont des intérêts communs avec les actionnaires.

La loi du 3 décembre 2008 sur les revenus du travail a attribué un crédit d’impôt de 20 % aux entreprises qui mettent en place un système d’intéressement ou qui augmentent le montant des primes déjà distribuées. C’était une exigence du Medef, qui voit ainsi l’intéressement financé en partie par le contribuable.

Simultanément, l’équipe Sarkozy a également bouleversé le mécanisme de participation. La participation est un dispositif d’épargne salariale devenu, contrairement à l’intéressement, obligatoire en 1967. Il impose aux entreprises de plus de cinquante salariés de distribuer une part de leur résultat, calculée à l’aide une formule fixée légalement. La loi du 3 décembre 2008 étend le dispositif aux entreprises publiques et aux dirigeants des PME de moins de cinquante salariés, ce qui leur permet de défiscaliser une partie de leurs revenus. Surtout, cette loi autorise les salariés à obtenir immédiatement la somme distribuée, alors qu’auparavant elle était obligatoirement placée. Ce mécanisme a été utilisé lors de la dernière réforme des retraites, pour imposer la retraite par capitalisation : la moitié de la participation sera désormais versée automatiquement au Perco (plan d’épargne collectif), sauf si le salarié s’y oppose. Mal informés, la plupart des salariés vont donc se voir imposer la retraite par capitalisation.

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notes/bilan/pages/pouvoir_d_achat/interessement.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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