Banlieue

Fondation Copernic

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Quartiers populaires censés bénéficier d’un plan Marshall. Or, en l’espace de quatre ans, de 2007 à 2011, les crédits accordés à la politique de la Ville auront connu une chute de 47%.

Dans la campagne présidentielle de 2007, l’équipe Sarkozy lance l’idée d’un plan Marshall des Banlieues. Sans doute s’agissait-il d’estomper ses stigmatisations précédentes des quartiers populaires, à coup de « racailles ! » et autres « nettoyages au Karcher ». Élu, le président des riches charge sa secrétaire d’État, Fadela Amara, de construire un plan Espoir Banlieues. « Nous allons réinventer la ville » annonce Nicolas Sarkozy, à Vaulx-en-Velin, le 22 janvier 2008. Neuf mois plus tard, la montagne accouche d’une souris sécuritaire, avec, notamment, le redéploiement de 4 000 policiers dans les 350 quartiers sensibles, la nomination d’un représentant de l’État par quartier et une cohorte de mesures de « sureté » qui stigmatisent un peu plus ces quartiers populaires.

La « promotion des talents » remplace l’objectif de la réussite de tous. Ainsi, des internats d’excellence de 120 élèves voient le jour alors que le gouvernement réduit les postes d’enseignants partout ailleurs. Une convention passée avec 38 entreprises du CAC 40 est signée pour échanger de nouvelles exonérations contre des promesses d’embauche. Le Contrat d’autonomie pour 100 000 jeunes sans emploi est créé. Seulement 13 338 seront signés dont 1 162 déboucheront sur une formation, un CDI ou un CDD.

500 millions d’euros sont prévus, pris sur l’enveloppe du Grenelle de l’environnement pour désenclaver les quartiers alors que, dans le même temps, 800 millions sont prévus pour enfouir la N13 sous Neuilly.

Les financements des associations sont censés être « sanctuarisés ». Ils ne cesseront en fait d’être réduits. Le gouvernement retirera même l’agrément d’association de consommateurs à la Confédération nationale du logement en novembre 2011. Cela entraîne la suppression de sa subvention d’État et l’empêche de défendre en justice les locataires dont les droits sont bafoués.

Le bilan de cette approche libérale, pariant sur le secteur privé et la responsabilité individuelle, sans intervention publique forte, est cinglant. Le 3 novembre 2011, l’Observatoire national des zones urbaines sensibles fait état de chiffres sans appel : un habitant sur trois résidant dans les ZUS (5 millions) vit sous le seuil de pauvreté, trois habitants sur dix sont au RSA, le taux de chômage des jeunes est de 40 %. Un habitant sur quatre renonce à des soins pour raisons financières, un sur six n’a aucune couverture maladie. Le 14 novembre 2010, lors de sa nomination comme ministre de la ville, en remplacement de Fadela Amara, Maurice Leroy déclare : « Je ne suis pas Merlin l’enchanteur. Il ne faut pas s’attendre à de grandes annonces d’ici la présidentielle. »

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notes/bilan/pages/pouvoir_d_achat/banlieue.txt · Dernière modification: 2012/02/22 15:27 par le-strat
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