ANRU

Fondation Copernic

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Agence nationale de rénovation urbaine dite ANRU. Établissement public créé pour aider les communes, par ailleurs étranglées financièrement par l’État, à restructurer les quartiers populaires de leur ville, sans avoir pour autant les moyens d’en changer la vie sociale.

Rien ne dit que le programme national de rénovation urbaine (PNRU), décidé en 2003 pour près de 400 quartiers, sera un jour achevé. Fin 2011, la moitié des opérations inscrites reste à réaliser et à financer ; les paiements les plus importants étant prévus en 2012 et 2013 (34 milliards d’euros engagés sur neuf ans).

Aussi, avant même que le PNRU 1 arrive à terme (2014), un second est-il demandé par nombre d’élus et d’experts. Objectif : obliger le gouvernement à tenir ses engagements financiers, ce qui n’est plus le cas depuis 2009 et, par là même, en profiter pour revoir les fondamentaux de l’actuel programme.

En effet, l’actuel PNRU a essentiellement été centré sur l’habitat, ce qui peut laisser doublement sceptique quant aux résultats d’une telle politique publique.

D’abord, parce que l’urbain ne peut pas tout. Ce qui est cassé dans le champ social ne peut pas être réparé dans celui de l’urbain. On ne remplacera pas la formation et l’accès à l’emploi ou la disparition des services publics de proximité par des HLM repeintes.

Ensuite, parce que la rénovation urbaine, sur le mode de la destruction systématique d’HLM et la reconstruction de logements sociaux sur place, n’a pas pu améliorer la mixité dans ces quartiers. Aussi, réussir l’ANRU suppose nécessairement de construire du logement social ailleurs ; le respect de la loi SRU étant pour cela essentiel . De surcroît, les logements reconstruits sont souvent plus petits et plus chers à la location. Est-ce là une conséquence malheureuse et non prévue du PNRU, ou bien un résultat recherché par l’équipe Sarkozy qui aurait davantage voulu « changer » les populations de ces quartiers plutôt que de répondre à leurs besoins ? La question reste entière…

Au-delà de la nature même du programme de rénovation urbaine, c’est surtout son financement qui inquiète. Si le gouvernement a donné son feu vert sur le principe à un PNRU numéro deux, il n’a rien dit quant à sa participation, invitant même l’ANRU à se tourner vers le privé.

Une telle attitude n’est pas surprenante en soi. En effet, le budget de l’Agence est régulièrement menacé de se retrouver en cessation de paiement et les communes ne sont pas rassurées quant à la fiabilité des engagements pris. Pourquoi ? Parce que l’équipe Sarkozy n’accorde aucune ressource propre et pérenne à l’ANRU ; elle se contente de déshabiller un programme pour un autre. Via la loi de mobilisation pour le logement, elle a transféré intégralement le financement de l’ANRU sur le 1 % logement, alors que l’Agence était auparavant financée de façon paritaire entre l’État et le 1 % loge- ment. D’un côté, on aide à détruire du logement social, de l’autre on ponctionne des fonds nécessaires à la construction. Ou bien encore, en 2011, l’argent destiné à la société du grand Paris n’étant pas mobilisable immédiatement, il a été réorienté vers l’ANRU.

Or, à ce désengagement financier direct du gouvernement dans l’ANRU, se cumule le retrait massif de l’État envers les quartiers populaires. Il se caractérise par la baisse des crédits accordés à la politique de la ville : chute des crédits de 47% entre 2007 et 2011(de 1 milliard d'euros en 2008 à 624 millions d'euros en 2011 ; 540 millions d’euros prévus en 2012).

De surcroît, la création d’un ministère de la ville (1990) a conduit les gouvernements successifs à ne décider d’aucunes mesures sectorielles dans les grands ministères, accentuant ainsi le phénomène de relégation des zones urbaines sensibles. C’est ce mal-être que les populations qui y vivent ont crié lors des émeutes en banlieue de 2005.

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notes/bilan/pages/pouvoir_d_achat/anru.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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