ADN

Fondation Copernic

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Test permettant de ficher une population et de condamner des militants pour leur action.

Faucheurs d’OGM, militants syndicaux, anti-pubs… De plus en plus, ils sont poursuivis à la fois pour leur action et pour avoir refusé de se soumettre à des prélèvements ADN, et ainsi d’entrer dans le Fichier national des empreintes génétiques (FNAEG). Victimes d’une double peine, ces « objecteurs de prélèvement » ne sont que la partie émergée Mis en place en 1998, en plein scandale du « violeur de l’Est parisien », le FNAEG est à l’origine ciblé sur les personnes condamnées pour infraction sexuelle. Après les attentats du 11 septembre 2001, et surtout avec la loi sur la sécurité intérieure de 2003, tous les crimes et délits, à l’exception des délits routiers, infractions au droit des étrangers et délits financiers, sont désormais concernés. Une simple mise en cause peut également suffir. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : de 17 000 enregistrements en 2003, le fichier est passé de 530 000 en 2007 à 1,3 million en 2010. Les personnels policiers sont poussés à « faire du chiffre ». Or, depuis 2008, un des indicateurs retenus par le gouvernement pour juger de l’amélioration des résolutions de crimes et de délits est la proportion d’individus entrés dans le FNAEG. Cette proportion était de 23 % en 2008, l’objectif fixé est 32 % pour 2013…

Pourtant, l’utilité réelle du fichier pour la résolution des cri- mes est très discutée. Même si l’ADN peut être un élément important dans certaines enquêtes, rien ne prouve l’utilité d’un fichier centralisant de façon permanente l’ADN d’un grand nombre de personnes. La technologie n’est qu’un alibi pour justifier la mise en place d’un fichage de grande ampleur des populations, à un degré d’intrusion dans l’intime encore inégalé. Les empreintes génétiques ne sont pas une version simplement modernisée des empreintes digitales. L’ADN, lui, est partagé dans les familles. Ficher une personne, c’est indirectement ficher également ses enfants, ses frères et sœurs, ses parents. L’ADN est aussi partagé dans les groupes humains. À partir des empreintes génétiques, telles qu’elles sont actuellement réalisées, il est possible de savoir si une personne est plutôt d’origine africaine, asiatique ou européenne… Comme toute technologie, les analyses d’ADN peuvent être floues, elles peuvent se tromper et elles peuvent parfois révéler plus que prévu. Il n’y a pas de technologie « magique », capable de l’iceberg du fichage génétique. de faire le tri entre les « bons citoyens » et les « mauvais », une technologie rendant caduques tous les débats politiques et sociétaux autour des enjeux de sécurité.

Voir Fondation Copernic, Filmer, ficher, enfermer, vers une société de la surveillance ?, Syllepse, 2011

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notes/bilan/pages/libertes_publiques/adn.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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