Soins (accès aux)

Fondation Copernic

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Droit fondamental inaccessible à un Français sur trois, qui déclare renoncer à se soigner faute d’argent. La politique de l’équipe Sarkozy est directement en cause : déremboursements des médicaments, augmentation du prix des consultations des médecins généralistes, arrêts maladies moins bien indemnisés, hausses à répétition de la taxation sur les contrats de santé… En l’espace d’un quinquennat, la droite aura créé pas moins de vingt-quatre nouvelles taxes, à tout propos, qui pèsent d’abord sur les classes moyennes et populaires.

Selon plusieurs rapports, la fraude à la Sécurité sociale et à l’ensemble des prestations serait comprise entre 2 et 3 milliards d’euros, soit à peine 1 % du total des prestations, tandis que la fraude patronale, elle, serait 4 à 5 fois plus coûteuse, entre 8 et 156 milliards d’euros.

En cause : le travail dissimulé, qui concernerait de 10 à 12 % des entreprises, ou encore la dissimulation des accidents du travail et des maladies professionnelles. Non déclarés comme tels, ces derniers sont alors pris en charge par l’assurance-maladie, en lieu et place de la branche spécifique de la Sécurité sociale financée par les entreprises. Il en coûte chaque année entre 600 millions et 1,1 milliard d’euros à la Caisse d’assurance-maladie.

Or, de manière surprenante, ce n’est pas la fraude aux cotisations d’entreprise qui est dans le collimateur de l’équipe Sarkozy. Après la chasse aux immigrés, la chasse aux malades est ouverte, dont le coût des arrêts maladie représente seulement 2,5 % du budget de la Sécurité sociale.

Pour obliger les salariés à abandonner leur droit à l’arrêt maladie, alors qu’ils subissent des conditions de travail de plus en plus difficiles, deux moyens de pression sont utilisés : des contrôles renforcés et des malades moins bien indemnisés. Le taux de remplacement des indemnités journalières est modifié à la baisse, et l’on crée des journées de carence supplémentaires, au cours desquelles le malade ne sera pas rémunéré par l’Assurance maladie. Sale temps pour les classes moyennes et populaires !

Ces mesures vont au final accroître encore le phénomène de renoncement aux soins ; une réalité pour 30 % des Français en 2001 alors que deux ans auparavant, ils n’étaient que 11 %. Ces derniers ne font plus seulement l’impasse sur les soins dentaires et optiques, faiblement remboursés, mais aussi sur les soins courants. Sans compter toutes celles et tous ceux qui voudraient bien se soigner mais ne peuvent le faire, compte tenu du « désert médical » dans lequel ils vivent.

Il faut dire que, sur les cinq dernières années, le coût de la santé a flambé de 17 %, passant de 571 euros à 665 euros, par an et par citoyen. Le prix moyen de vente des médicaments a presque doublé entre 1990 et 2009, de 3,09 euros à 6,95 euros. Il s’agit là d’une particularité bien française, qui trouve une partie de son explication dans les liens qu’entre- tiennent les laboratoires privés avec les pouvoirs publics.

Avec le doublement de l’impôt indirect sur les contrats de santé, décidé en novembre 2011 par l’équipe Sarkozy, ce sont 75 euros supplémentaires, par an et par personne, qui vont peser sur les budgets des ménages, et d’abord sur ceux des plus pauvres ; en sachant que, avant la « réforme », la cotisation à une mutuelle revenait déjà, en moyenne, à 400 euros par an. À cela, il ne faut pas oublier d’ajouter les franchises médicales. Instaurées le 1er janvier 2008, ces franchises sont en fait des sommes nouvelles restant à la charge du patient sur les médicaments, les actes paramédicaux et les transports sanitaires, pour un montant plafonné par an à 50 euros.

Profondément inégalitaire, la politique de santé publique de ce gouvernement se résume à toujours moins de protection sociale pour les plus fragiles d’entre nous ; toujours plus de profits pour les groupes pharmaceutiques qui notamment, grâce à la campagne de vaccination contre le virus H5N1, en 2009, auront empoché plus de 700 millions € ; toujours moins de contraintes pour les médecins ; toujours plus de contrôle autoritaire. Dans ce domaine, comme dans tant d’autres, nous avons, en effet, assisté à une recentralisation forte des services de santé de l’État et de l’assurance-maladie : depuis la loi « Hôpital, patients, santé, territoire » de juillet 2009, ces derniers sont rassemblés en vingt-deux Agences régionales de santé (ARS), placés sous la coupe des préfets.

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notes/bilan/pages/institutions/soins_acces_aux.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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