Ouverture

Fondation Copernic

casse_coper_.jpg

 

Nom utilisé pour qualifier un gouvernement dans lequel entrent des femmes et des hommes appartenant à une famille d’idées supposée éloignée du parti vainqueur.

« Il a raté une occasion en or » : c’est ainsi que Nicolas Sarkozy aurait réagi quand Jacques Chirac refuse l’ouverture politique alors qu’il est élu avec les voix de la gauche contre Jean-Marie Le Pen, au second tour de la présidentielle de 2002.

Cinq ans plus tard, après une campagne présidentielle au cours de laquelle il s’approprie les figures et les luttes originelles de la gauche (Jaurès, le travail, les salaries…), il passe des paroles aux actes. Le président du pouvoir d’achat sera aussi celui de l’ouverture.

Le premier gouvernement Fillon « accueille » plusieurs femmes et hommes politiques identifiés à gauche1), qui tous justifient leur décision par une sorte de crédo en faveur du président considéré comme capable de dépasser les clivages gauche/droite ou encore comme un homme disposé au dialogue. Un dialogue qui n’aura pas donné de grand résultat car aucun d’entre eux n’aura en quoique ce soit infléchi le programme de l’équipe Sarkozy. Or, cette ouverture n’était nullement nécessaire à Nicolas Sarkozy pour gouverner, l’élection législative de juin 2007 lui donnant la majorité dont il avait besoin pour mener sa politique. Pourtant, elle a été voulue et maintenue tout au long du quinquennat, jusqu’à nommer des personnalités de gauche au Conseil constitutionnel (Michel Charasse, en février 2010) ou à présenter des candidats d’ouverture aux élections locales (objectif affiché d’un à deux candidats d’ouverture dans chacune des 280 villes de plus de 30 000 habitants, lors des municipales de 2008).

Pour quoi ? Pour atténuer la critique de l’« hyperprésidence», pour faire oublier les nominations contestables de Jean Sarkozy à la tête de l’Épad (celui-ci a finalement renoncé) ou celle du patron de Veolia, Henri Proglio, chez EDF… ? Une chose est sûre : de tels actes contribuent à justifier les politiques appuyées sur la pensée unique du dogme libéral. Ils révèlent surtout au grand jour l’ampleur du glissement idéologique opéré par une certaine gauche depuis plus de vingt ans2) – des femmes et des hommes pouvant accepter, sans avoir le sentiment de renier leurs convictions, d’intégrer un gouvernement qui casse le droit à la retraite à 60 ans, qui baisse des allocations sociales, qui privatise les services publics…

Voir

Adhérer à la Fondation Copernic, pour quoi faire ?

L’indépendance de son analyse, dont dépend la force de la critique, est conditionnée par l’autonomie financière de la Fondation Copernic. Pour produire et diffuser une expertise en rupture avec la doxa néolibérale, monter et mener mobilisations et campagnes, et ainsi peser dans le débat public en rendant visibles et audibles des politiques alternatives, la Fondation Copernic, qui n’existe que par ses adhérents, a besoin de vous et de votre soutien.

 
1) Bernard Kouchner (Affaires étrangères), Éric Besson (plusieurs fois ministre et notamment à l’Immigration), Jean-Pierre Jouyet (Affaires européennes), Jean-Marie Bockel (Coopération, Anciens combattants), Fadela Amara (politique de la Ville) et Martin Hirsch (Solidarités actives contre la pauvreté).
2) Un glissement idéologique justifié encore récemment par certains think tank de gauche: cf. la tribune de la Fondation Copernic publiée en juin 2011 dans Le Monde : « Gauche marketing ou gauche sociale ? »
 
 
notes/bilan/pages/institutions/ouverture.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
Recent changes RSS feed Creative Commons License Valid XHTML 1.0 Valid CSS Driven by DokuWiki
Drupal Garland Theme for Dokuwiki