Fouquet’s

Fondation Copernic

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Nom d’une célèbre brasserie parisienne située sur les Champs-Élysées (Paris) qui accueille l’équipe Sarkozy au soir du second tour de la présidentielle, le 6 mai 2007, pour une véritable nuit de Walpurgis du capitalisme français.

Dimanche 6 mai 2007, les résultats à peine connus, Nicolas Sarkozy décide de retrouver ses amis les plus proches au Fouquet’s. Qui sont ceux qui dînent ce soir-là et profitent par la suite des largesses du nouveau maître de l’Élysée ?

Parmi les cinquante-cinq invités, on trouve la fine fleur du capitalisme national, avec Bernard Arnault (LVMH, 4ème fortune mondiale) et Martin Bouygues (9e fortune française), Serge Dassault (4ème fortune française et inventeur de l’invendable Rafale), Jean-Claude Decaux (6ème fortune française), Dominique Desseigne (43ème fortune de France, groupe Lucien Barrière et propriétaire du Fouquet’s et de nombreux hôtels et casinos). Sans oublier des industriels comme le ténor de la Françafrique Vincent Bolloré (HAVAS, 6ème groupe de communication mondial), le cumulard Henri Proglio (président et de Veolia et d’EDF en novembre 2009 pour un salaire global d’environ deux millions d’euros), Patrick Kron (Alstom) ou le banquier Antoine Bernheim (Generali). Le capitalisme international n’est pas en reste : sont présents le milliardaire canadien Paul Desmarais (4ème fortune canadienne) et le multimilliardaire Albert Frère (2ème fortune belge).

Dans l’ombre, les éminences grises travaillent aux utiles rapprochements. Il en est d’officielles comme la plume Henri Guaino et le préfet, futur ministre de l’intérieur, Claude Guéant, et d’officieuses comme l’entremetteur du capitalisme parisien, Alain Minc, et le sondeur d’Ipsos, Pierre Giacometti.

Les médias sont représentés par l’ex-président d’Ende- mol et introducteur de la télé-réalité en France, Stéphane Courbit, le publicitaire François de La Brosse ainsi que les deux Nicolas, Baverez, très libéral éditorialiste au Point et aux Échos, et Beytout, directeur du Figaro.

On croise, bien sûr, quelques politiques, qui font des allers-retours entre la terrasse et le bar : les couples Balkany et Raffarin, mais aussi l’ambitieuse future ministre de la Justice et députée européenne, Rachida Dati, la directrice du château de Versailles, future ministre de la culture, Christine Albanel, le bientôt Premier ministre godillot François Fillon, le secrétaire d’Etat Roger Karoutchi et le bref porte-parole de l’Élysée, venu se briser contre la mairie de Neuilly, David Martinon, ou encore Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d’Édouard Balladur, devenu le numéro 2 de LVMH et future vedette de l’« affaire Karachi ». Le même qui sera également le témoin de Nicolas Sarkozy lors de son mariage avec Carla Bruni- Tedeschi, rôle tenu par Bernard Arnault et Martin Bouygues, également les parrains de son dernier fils, comme témoins pour son mariage avec Cécilia Ciganer-Albéniz.

Le tableau ne serait pas complet sans une touche peo- ple : Arthur (par ailleurs vice-président d’Endemol France jusqu’en 2006), Johnny Halliday, un temps exilé fiscal à Gstaad en Suisse, Jean Reno, Christian Clavier, dont la maison visitée par des nationalistes vaudra au coordinateur des forces de sécurité en Corse, Dominique Rossi, de se faire renvoyer par Nicolas Sarkozy (septembre 2008).

Cette étrange assemblée connaîtra plus souvent qu’à son tour les ors et les honneurs de la République. Nombreux seront décorés de la Légion d’honneur. Mais au-delà de ce qui est devenu classique dans les cercles du pouvoir d’État, ce qui est en jeu dans cette réunion du noyau dur du sarko- zysme, c’est l’entrelacement intime du pouvoir et de l’argent à un niveau jusque-là jamais atteint. À défaut d’être le président de la France qui se lève tôt, il s’avère celui de la France qui se couche tard. Plutôt que le représentant de tous les Français, il deviendra le symbole de l’entre-soi.

La suite est connue. Dès le lendemain, aux frais de son ami Vincent Bolloré, Nicolas Sarkozy s’envole dans un jet privé pour une croisière de trois jours à Malte sur le Paloma, yacht de 60 mètres. Suivent cinq années où sa fascination pour l’argent et le luxe font définitivement de Nicolas Sarkozy, le président des riches.

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notes/bilan/pages/institutions/fouquet_s.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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