Molex

Fondation Copernic

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Nom d’une entreprise performante condamnée à la fermeture par un grand groupe uniquement intéressé à la seule maximisation de ses profits.

Fleuron industriel de la région toulousaine, cette entreprise de 283 salariés, spécialisée dans la fabrication de boîtiers électroniques pour l’automobile, est vendue en 2004 par la Snecma à l’équipementier automobile américain Molex.

Octobre 2008, la direction annonce son projet de fermeture pour cause de compétitivité insuffisante, malgré un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros et 1,2 million d’euros de bénéfice net. Patron voyou, condamné à plusieurs reprises pour entrave au comité d’entreprise, le groupe n’a pas investi le moindre euro sur ce site, mais s’est empressé d’étendre au territoire américain les brevets déposés en Europe. Le plan de licenciement à peine annoncé, le groupe prend ses dispositions : des moules des machines sont copiés en cachette et expédiés aux États- Unis, des pièces finies sont emportées et les gros clients discrètement informés.

Pendant onze mois, les travailleurs multiplient assemblées générales et manifestations, jusqu’à la journée « ville morte » où se retrouvent 3 000 des 5 000 habitants de Villemur-sur- Tarn. Puis, apprenant l’ouverture d’un site Molex outre- Atlantique, les salariés séquestrent, pendant une nuit, leur direction. Quelques jours plus tard, après la rupture des négociations avec un repreneur, un responsable reçoit quelques jets d’œufs. Le lendemain, la direction lockoute le site. Sans espoir de reprise, les salariés acceptent le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) et sont licenciés le 1er décembre 2009 avec des indemnités revalorisées de 45 à 110 % selon l’ancienneté, et des primes complémentaires.

Un an plus tard, les salariés engagent une action devant les prud’hommes pour licenciement abusif. En représailles, le groupe Molex arrête de financer le PSE, alors qu’il vient d’annoncer un chiffre d’affaires record en augmentation de 33 %. Christian Estrosi, ministre de l’Industrie, demande alors « qu’il n’y ait plus le moindre échange commercial » entre PSA, Renault et Molex. Rodomontade sans effort ni suite. Mieux, le 24 mars 2010, au lendemain des élections régionales, Éric Woerth, nouveau ministre du Travail, autorise le licenciement des dix-neuf représentants du personnel, jus- que-là refusé par l’inspection du travail…

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notes/bilan/pages/industrie/molex.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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