Identité nationale

Fondation Copernic

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Nouvelle dénomination ajoutée au ministre de l’Immigration, avec les mots Intégration et co-Développement. Un tel rapprochement suggère que l’immigré mettrait en cause l’identité nationale du pays d’accueil, à moins d’une intégration parfaitement réussie, compensée par une coopération avec son pays d’origine maintenant celui-ci dans une situation postcoloniale.

Le ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du co-Développement a présenté, dès 2007, un projet de loi relatif à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile. Cette loi, qui traite du regroupement familial, n’est pas une loi sur l’immigration, mais une loi anti-étrangers qui s’attaque à ceux même qui sont en situation régulière dans notre pays. L’utilisation de tests ADN en reconnaissance de paternité en constitue la mesure policière la plus scandaleuse même si, quand bien même, au final, ce recours n’a pas été rendu obligatoire.

Cette loi, parmi d’autres, révèle déjà la conception étroite de l’identité nationale selon l’équipe Sarkozy. Celle d’une France repliée sur elle-même, fermée au monde et aux autres, tout en faisant la leçon à tous les pauvres, en France comme en Afrique, invoquant ici et là le mérite et la récompense octroyée, sans se soucier simplement de l’égalité des chances.

Au début, l’équipe Sarkozy a tenté une opération de récupération de la résistance au travers de Guy Môquet en réduisant le sacrifice de ce jeune communiste à un acte patriotique. En réalité, l’identité qui s’est construite dans la résistance n’est pas une identité construite sur une racine unique, « française », pauvre de tout apport extérieur, mais une identité riche de tous les apports des autres résistants unis dans le combat pour la liberté, des racines qui se nourrissent mutuellement, en rhizome, « racine des plantes vivaces », et qui débouchera, après la guerre, sur la refonte d’une nouvelle République sociale, au travers du programme du Conseil de la résistance.

En 2009, l’équipe Sarkozy a essayé de relancer un débat national sur l’identité. Conduit par son ministre, transfuge du Parti socialiste, Éric Besson et ses préfets de la République, cette initiative s’est rapidement retournée contre lui, sa propre majorité exprimant ses doutes, l’opinion internationale aussi, tel le portail panafricain Afrik.com, convaincu que « le racisme s’invite dans le débat officiel ».

Depuis, régulièrement, la stigmatisation des étrangers fauteurs de troubles est relancée, notamment par le ministre de l’Intérieur Claude Guéant dénonçant les Comoriens à Marseille et les Roms partout.

Cette question de l’identité reste, bien sûr, un combat à mener, l’identité étant toujours en mouvement, un voyage fait avec d’autres, « un être dans le monde » (Édouard Glissant).

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notes/bilan/pages/immigration/identite_nationale.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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