Émigration illégale

Fondation Copernic

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Oxymore juridique de l’équipe Sarkozy disant tout du mépris des droits fondamentaux sous ce quinquennat.

Le triste bilan des années de l’équipe Sarkozy en matière d’enferme- ment des étrangers est bien connu : le nouveau Centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot, véritable camp d’internement en bordure des pistes de Roissy, est le symbole de cette criminalisation forcenée des migrants.

Or, cette dernière débute bien en amont : en mai 2006, alors qu’il est ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy salue « les efforts des pays de la rive sud de la Méditerranée pour contenir l’émigration illégale vers l’Europe ». Ce syntagme d’« émigration illégale », fondé sur un oxymore juridique, dévoile tout à la fois le mépris des droits fondamentaux et les velléités impérialistes d’une politique européenne d’immigration largement inspirée par les gouvernements français successifs. Le « droit de quitter tout pays y compris le sien » est en effet inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH) de 1948 et a depuis été repris dans plusieurs textes internationaux .

Mais, au cours des années 2000, et sous la pression de l’Union européenne, l’ensemble des pays du Maghreb ont introduit un délit d’« émigration clandestine », en vertu duquel des milliers de « harragas » sont poursuivis et jetés en prison. Tout en obtenant le soutien et les subsides de leurs partenaires du nord de la Méditerranée, les régimes les plus autoritaires, tels que celui de l’Algérie, de la Libye de Kadhafi ou de la Tunisie de Ben Ali, trouvent ainsi le moyen de criminaliser celles et ceux qui votent avec leurs pieds.

Le « printemps arabe » a été notamment appréhendé à l’aune de l’effondrement de ce mur anti-migratoire, construit par des États dont le rôle dans la sous-traitance du contrôle des frontières de l’Union européenne devait être préservé. C’est ainsi que, dans la période de transition actuelle, l’Union européenne et la France sont en pointe pour que les nouveaux gouvernants endossent cet héritage et fondent leur démocratisation sur le déni d’un des droits les plus fondamentaux : celui de quitter son propre pays.

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notes/bilan/pages/immigration/emigration_illegale.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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