Euro (pacte pour l’)

Fondation Copernic

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Engagement européen adopté en mars 2011 visant à imposer aux pays signataires le retour à l’équilibre des finances publiques, sur un mode ultralibéral et de manière autoritaire.

La cure d’austérité mise en œuvre par l’Union européenne s’accompagne d’une volonté de réformer en profondeur la « gouvernance européenne ». S’il s’agissait d’injecter un peu de démocratie dans le fonctionnement de l’UE, marqué par le technocratisme et le poids des organismes non élus, comme la Commission européenne ou la BCE, on ne pourrait qu’applaudir des deux mains. Il n’en est, hélas, rien. Bien au contraire, les gouvernements et les institutions européennes veulent faire en sorte que des décisions majeures sur le plan économique et social soient exclues du débat démocratique.

Impulsées par Angela Merckel et Nicolas Sarkozy, trois grandes mesures ont été arrêtées. Tout d’abord, le « semestre européen ». Dorénavant, les budgets des États seront soumis au Conseil européen et à la Commission avant même qu’ils soient discutés par les parlements nationaux. Il s’agit ainsi de contrôler en amont l’évolution des dépenses publiques. Ensuite, une série de directives prévoit de durcir les sanctions contre les États en cas de déficit excessif, et vise à limiter les dépenses publiques. Enfin, le pacte pour l’Euro vise explicitement à accroître la flexibilité du travail, imposer l’austérité salariale et diminuer les dépenses de protection sociale.

Pour boucler ce dispositif, les États doivent intégrer dans leur loi fondamentale l’objectif de l’équilibre budgétaire, la fameuse « règle d’or » chère à l’équipe Sarkozy. Au nom de la lutte contre les déficits publics, l’austérité permanente est ainsi programmée.

Socialement inacceptable, ces dispositions sont économiquement stupides. Que se serait-il passé si elles avaient été appliquées en 2008-2009, au moment de l’explosion de la crise financière et de la récession qui s’en est suivie ? La réponse est simple, on se serait retrouvé dans la situation des années 1930, avec un secteur bancaire effondré et une récession transformée en dépression longue. Les marchés envoient ainsi des injonctions contradictoires, que les gouvernements s’échinent à suivre : les marchés veulent que les déficits publics soient réduits, pour être sûrs que les États puissent payer la charge de la dette, mais ils s’inquiètent du fait que les mesures prises soient porteuses d’une logique récessive.

Dans cette situation, la crise ne peut que rebondir et les sommets européens de la dernière chance s’enchaîner. Après celui, mort-né, du 21 juillet, celui du 27 octobre 2011 n’a pas fait exception. L’annonce que le peuple grec allait être enfin consulté a suffi à ce que la panique reprenne. La démocratie fait peur à la finance !

Voir Fondation Copernic Face aux crises, une autre Europe, Syllepse, 2009

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notes/bilan/pages/europe/euro_pacte_pour_l.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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