Grand emprunt

Fondation Copernic

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Dette supplémentaire de 35 milliards d’euros contractée par l’équipe Sarkozy auprès des marchés financiers.

En 2009, l’équipe Sarkozy lance le projet de Grand emprunt, pour lequel est constituée une commission où figurent des représentants du secteur privé, présidée par Alain Juppé et Michel Rocard. Initialement présenté comme devant être un emprunt populaire, il est finalement, comme l’essentiel de la dette publique en France, contracté auprès des marchés financiers.

Alors que le gouvernement fait de la réduction des déficits publics l’alpha et l’oméga de sa politique, il lance un projet qui aura augmenté le déficit public de près de deux points de PIB, et alourdi la charge annuelle de la dette d’un milliard d’euros, soit l’équivalent de la baisse annuelle des effectifs dans l’Éducation nationale. Faut-il y voir un paradoxe ? Une conversion à une relance keynésienne ? Il n’en est rien, on est bien toujours dans la continuité des politiques néolibérales. Tout le poids de l’austérité porte sur les dépenses de fonctionnement de l’État (emplois, salaires). C’est pour mieux rogner les premières que les défenseurs du Grand emprunt font la promotion de dépenses d’investissement.

Les chantiers affichés comme prioritaires sont l’innovation technologique, le développement durable… dans la ligne de la stratégie de Lisbonne (la fameuse « économie de la connaissance »), lancée en 2000, dont le maître mot est la déréglementation des marchés et la privatisation des infrastructures.

Il s’agit d’une opération de communication, destinée à faire croire au retour d’une politique industrielle volontariste : dans les faits, un boulevard pour les groupes industriels pressés de bétonner et de trouver de nouveaux champs de rentabilité.

Les collectivités locales, qui assurent aujourd’hui la grande majorité des investissements d’infrastructures (établissements scolaires, transports en commun…), se voient étranglées financièrement et privées de la taxe professionnelle. Dans le même temps, le gouvernement sacrifie l’éducation, la petite enfance, la santé, la recherche publique, l’université, la protection sociale…

Financer l’action publique par le recours aux marchés financiers plutôt que par la fiscalité revient à emprunter aux plus riches qui, par ailleurs, voient l’imposition sur leurs revenus fondre comme neige au soleil. D’un autre côté, la majorité de la population (y compris les plus pauvres, non imposables sur le revenu), acquittent la TVA et la CSG, pour payer aux plus riches intérêts et capital des titres de leur dette publique.

Sous couvert de financement de la croissance, le Grand emprunt confirme une orientation à l’œuvre depuis plusieurs années. Creuser la dette publique sert toujours de prétexte à donner un tour de vis supplémentaire aux politiques d’austérité, au détriment de la majorité de la population.

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notes/bilan/pages/deficits/grand_emprunt.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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