Dette

Fondation Copernic

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Obligation illégitime qui a condamné à la misère et à l’austérité d’abord les pays en développement, puis les États occidentaux.

L’équipe Sarkozy a fait de la réduction de la dette et des déficits publics un objectif central. C’est en son nom que sont mis à mal les services publics, ou ce qu’il en reste, et, plus globalement, que sont justifiés les multiples plans de rigueur.

La crise financière et la récession qui a suivi ont joué leur rôle dans l’accroissement des déficits (perte de recettes fiscales, dépenses supplémentaires avec les plans de relance et le sauvetage des banques). Ainsi, le déficit public de la France est passé entre 2007 et 2009 de 2,7 % à 7,5 % du PIB et sa dette publique de 63,8 % à 77,6 % du PIB, soit 1 600 milliards d’euros. Certes, la somme considérable peut apparaître considérable mais elle n’est pas exceptionnelle si on observe notre histoire économique ou si on la rapporte à l’endettement supportable par les ménages et les entreprises. Le problème réside essentiellement dans son coût, le service de la dette représente presque autant que le budget de l’Éducation nationale à cause des taux qui nous sont imposés.

Cependant, la dette ne date pas de la crise financière. Avant celle-ci, son accroissement est dû essentiellement aux cadeaux fiscaux faits aux ménages les plus riches et aux entreprises, notamment les plus grandes. Le rapport d’information, que le député UMP Gilles Carrez a établi en juillet 2010 dans le cadre du débat d’orientation budgétaire, donne des éléments qui permettent d’évaluer l’impact de « dix années de pertes de recettes non compensées ».

On a ainsi pu calculer qu’en l’absence des cadeaux fiscaux, le déficit budgétaire n’aurait été que de 3,3 % en 2009 au lieu de 7,5 %, la France connaissant même, dans ce cadre, un léger excédent budgétaire en 2006, 2007 et 2008. Selon la Cour des comptes, les niches fiscales créées depuis 2003 constituent un manque à gagner de 70 milliards d’euros.

L’accroissement de la dette publique repose également sur le fait que les États sont obligés d’emprunter sur les marchés financiers, car les traités européens interdisent à la banque centrale européenne (BCE) de financer les États membres . Nous sommes donc dans une situation hallucinante, où les banques privées se refinancent à un taux dérisoire auprès de la BCE et prêtent aux États à des taux nettement supérieurs voire carrément usuraires – et ceci avec la complicité des agences de notation qui transforment les dettes nationales en produits spéculatifs. Les États et l’UE se sont ainsi volontairement mis sous l’emprise des marchés financiers. La dette est donc triplement illégitime : elle est le produit des cadeaux fiscaux faits aux privilégiés, de la crise financière dont ils sont responsables et du recours aux marchés financiers auxquels ils participent. Il s’agit aujourd’hui de savoir si la petite minorité de dominants qui, par son avidité, s’est rendue responsable de la crise, va en faire les frais ou si son coût va être supporté par la grande majorité de la population. La mise en place de plans d’austérité montre que les gouvernements ont décidé la seconde solution.

Voir Appel de Thorens-Glières, 14 mai 2011.

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notes/bilan/pages/deficits/dette.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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