Chiffre

Fondation Copernic

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Mode d’évaluation privilégié par l’équipe Sarkozy au temps du capitalisme financier. Il prétend juger de toute activité humaine, alors qu’il n’est qu’une nouvelle servitude imposée à l’individu en lieu et place de la recherche de la valeur de son activité dans la relation aux autres.

Comme un symbole, les cinq ans au pouvoir de l’équipe Sarkozy se sont ouverts sur l’affirmation du « travailler plus pour gagner plus ». Immense détournement de la valeur du travail réduite à une quantité sans « valeur d’usage », sans utilité sociale, pour suggérer un rapport direct entre quantité de travail et rémunération comme fruit du « mérite » de… se tuer au travail.

Ce quinquennat, plus que tout autre, a vu le chiffre régné en maître, en principe absolu d’action et d’évaluation – de la LOLF (loi organique relative aux lois de finance), aux indicateurs de gestion des activités et des personnels appuyés sur les conclusions du Conseil de l’Europe tenu à Lisbonne (appelée « stratégie de Lisbonne »), en passant par la Révision générale des politiques publiques (RGPP), la normalisation en mètre carré de l’occupation des bureaux, ou encore le nombre de salariés dans l’administration.

Imposer à tout un chacun de faire du chiffre, c’est in fine détourner chacun de l’intérêt général et de la nature même de son travail. Le chercheur ne doit être payé que lorsqu’il publie, l’enseignant pour sa seule présence face aux élèves, le comédien uniquement pendant la représentation, le médecin à partir du nombre d’actes qu’il réalise, le policier quand il augmente le nombre de gardes à vue (plus 62 % entre 2002 et 2010), le préfet quand il reconduit à la frontière des immigrés, le journaliste en fonction de la part de marché qu’il a conquis dans l’audimat.

Une telle perte de sens de l’activité se traduit, on le sait, par des suicides dans les administrations publiques comme dans des entreprises privées.

Il va de soi que seul le ratio coût/efficacité financière est pris en compte dans l’évaluation par le chiffre et qu’il s’agit là d’une notion issue de l’entreprise privée concurrentielle appliquée à toute la société, y compris à des domaines publics dont l’action consiste dans le partage de biens communs de l’humanité. Toute activité doit être conforme aux règles du marché, dans un monde conçu comme une accumulation de richesses et de marchandises. Cette façon de penser l’activité humaine trouve bien sûr son paroxysme dans la création des agences de notation, qui « chiffrent » les dettes des États en fonction de leur perspective de spéculation sur les marchés financiers, et finissent par devenir les véritables détenteurs du pouvoir politique.

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notes/bilan/pages/deficits/chiffre.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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