Bettencourt

Fondation Copernic

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Nom de famille de Liliane, octogénaire milliardaire, membre du «Premier cercle », à qui l’État a remboursé 100 millions d’euros grâce au bouclier fiscal. Par extension, nom de l’une des affaires politico-financières du quinquennat.

En avril 2007, l’équipe Sarkozy promettait une « République irréprochable ». Cinq ans plus tard, l’échec est patent. Que d’affaires ont éclaté ou refait surface : rétrocommissions de Karachi, qui auraient financé la campagne présidentielle de 1995 d’Édouard Balladur, dont le directeur de campagne était Nicolas Sarkozy ; mises en examen de ministres, dont Brice Hortefeux, ministre de l’intérieur, pour injures raciales, et Georges Tron pour viols ; émoluments de certains conseillers, dont Christine Boutin et son rapport sur la mondialisation, écrit au rythme mensuel de 9500 euros ; affaire Lagarde-Tapie, qui aura coûté aux contribuables 220 millions d’euros ; voyage de la ministre des affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, aux frais d’un proche du clan du dictateur Ben Ali, en pleine révolution tunisienne…

Dans ce tableau sombre, s’inscrit l’affaire Bettencourt, révélée par Mediapart. À l’origine, c’est un différend familial entre la riche héritière de L’Oréal et sa fille qui met le feu aux poudres. Rapidement, elle dégénère en un scandale politico- financier, mêlant soupçons de favoritisme et de financement politique illégal, qui a coûté son poste fin 2010 au ministre du travail, en charge de la réforme des retraites, Éric Woerth. Ce dernier avait été le trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy, pour l’élection présidentielle de 2007.

Scandale gigogne, l’enquête révélera par la suite l’incroyable complaisance dont a bénéficié l’une des premières fortunes de France, qui a dissimulé pendant des décennies au fisc français l’existence de douze comptes bancaires domiciliés en Suisse et à Singapour. Finalement, un redressement fiscal de 77 millions d’euros est adressé à Liliane Bettencourt.

Cela n’a pas empêché notre octogénaire d’être, en août 2011, l’une des seize signataires de l’appel des très riches Français se déclarant prêts à contribuer au sauvetage des comptes publics, sous la forme d’une contribution « exceptionnelle », calculée dans des « proportions raisonnables », et conditionnée à la mise en place d’une politique plus dure de rigueur budgétaire…

Voir Fondation Copernic, Un impôt juste pour une société juste, Syllepse, 2011.

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notes/bilan/pages/deficits/bettencourt.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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