AAA

Fondation Copernic

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Note au nom de laquelle l’équipe Sarkozy a gouverné en vain. Elle est attribuée par trois agences de notation, des entreprises privées dont les trois principales sont Moody’s, Standard & Poors et Fitch Ratings. Cette dernière est dirigée par Fimalac, une société dont le patron est le Français Marc Ladreit de Lacharrière, ami de Nicolas Sarkozy, membre milliardaire du «Premier cercle », directeur financier de L’Oréal, nommé à la tête de l’agence du Louvre des sables bâti à Abu Dhabi…

À l’origine chargées de noter la solvabilité des entreprises, les trois agences de notation se sont mises ces dernières années à examiner celle des États, et même des organismes publics. Ainsi, en octobre 2010, l’Unedic, en charge de la gestion de l’assurance chômage, s’est-elle félicitée de la confirmation de sa note AAA, qui lui a permis d’emprunter une forte somme d’argent sur les marchés financiers pour indemniser les demandeurs d’emploi…L’agence Moody’s a elle seule aurait 860 000 dossiers actuellement à l'étude, concernant les évaluations de dettes municipales et nationales.

Le journal Washington Post évaluait, en 2004, à 220 000 dollars le prix d’une étude. Une activité des plus rentable, donc, qui consiste à évaluer, avec des méthodes pour le moins opaques, la probabilité que les acheteurs d’obligations soient effectivement remboursés ; pour ce faire, elles attribuent des notes aux dettes privées ou publiques. Ces notes vont d’AAA (sécurité maximale), qui permet d’obtenir les taux d’intérêt les plus bas, à C ou D (en défaut), situation où une entreprise est en faillite et un État dans l’incapacité de rembourser sa dette ou, au moins, une partie de celle-ci.

Prétendument indépendantes, ces agences de notation sont en réalité rémunérées par des entreprises (essentiellement privées) qui louent leurs services. Cela a d’ailleurs amené à des conflits d’intérêts, comme en 2007, lorsqu’elles avaient décerné la note AAA aux subprimes . Il faut dire qu’une partie à faibles revenus. Pour que le crédit soit intéressant pour l’emprunteur, les banques et organismes de crédit spécialisés proposaient des taux bas en début de prêt (pendant les deux premières années) grâce à des montages sophistiqués avec des taux variables et des produits non négligeable de leurs profits venait des sommes que leur versaient ces mêmes banques. Des procédures judiciaires ont été engagées contre ces agences aux États-Unis pour diverses forfaitures relatives à leurs notations très partiales. Néanmoins, en quelques années, ces trois agences de notation ont acquis un pouvoir inédit, celui de dicter aux pays et à leurs citoyens les politiques qu’ils doivent conduire pour plaire aux marchés, aux banques et aux spéculateurs. En août 2011, s’appuyant sur une analyse comportant une erreur de 2000 milliards de dollars, Standard & Poor’s décide de dégrader la note américaine au motif très officiel que le pays ne serait pas en capacité politiquement de prendre les décisions qui s’imposent ! Quelques mois plus tard, il en sera de même pour la Belgique.

Nuisibles sur le plan démocratique, les agences de notation sont néfastes économiquement. Prenons le cas du Portugal. Moody’s n’a pas hésité à baisser sa note de quatre points en juillet 2011, classant le pays en « catégorie spéculative ». Il s’agissait là d’une prophétie autoréalisatrice. En effet, avec une telle note, les spéculateurs n’ont plus, dès lors, accepté d’acquérir de nouveaux titres de la dette publique portugaise qu’au taux minimum de 12 %. Un taux totalement irréaliste qui rend impossible le retour de la dette publique du Portugal sur les marchés financiers pendant plusieurs années. En élevant le risque bien au-delà de sa réalité, ces prophéties permettent d’augmenter le rendement des créances sur les États, traditionnellement assez bas, qu’elles changent en placements spéculatifs qui favorisent les créanciers, dont les banques, en perpétuelle recherche de placements toujours plus lucratifs. Hélas, les agences de notation n’auraient aujourd’hui strictement aucun pouvoir si les traités européens (art. 63, 121 et 125 du traité de Lisbonne) n’avaient pas fait obligation aux États de se financer sur les marchés et non auprès de la Banque centrale européenne (BCE), par des bons du Trésor européens ou, à défaut, par des eurobonds (obligations de fait) qu’elle garantirait.

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notes/bilan/pages/deficits/aaa.txt · Dernière modification: 2012/02/21 13:56 (modification externe)
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