ÀCroissance/décroissance: dépasser un faux débat. Pour un autre développement solidaire et écologique

Information générales

  • Date : 15/3/11 - 19h30/21h30
  • Lieu : 8 rue de la Banque (Paris 2e), 19h30/21h30.

Le séminaire

Avec Stéphanie Treillet Maître de conférence en économie, membre de la Fondation Copernic.

Le débat croissance/décroissance apparaît comme un débat piégé : il oppose frontalement des termes qui pourtant ne se répondent pas directement, et il peut conduire à occulter des choix de société essentiels.

Les courants de la décroissance affirment répondre à l‘irrationalité du productivisme et aux dégâts écologiques qu’il entraîne. Mais nombre de questions restent entières :

  1. Si l’urgence écologique impose une modification d’ensemble du fonctionnement de l’économie, celle-ci ne peut passer que par une modification radicale du mode de production, loin des leurres de la croissance verte. Dès lors, l’appel à un changement des modes de vie et de consommation individuels n’est-il pas insuffisant par rapport à l’enjeu ? Une période de transition n’est-elle pas inévitable pour cette réorganisation radicale ?
  2. Quels secteurs de l’économie devraient décroître ou non, à l’avantage ou au désavantage de quelles catégories de la population ?
  3. L’horizon peut-il toujours-être celui d’une émancipation humaine compatible avec la préservation des équilibres écologiques ? Ou bien cet horizon même doit-il être abandonné comme trop marqué par une histoire et une origine géographique déterminées ? Ne risque-t-on pas dès lors d’occulter l’enjeu des luttes sociales multiformes, lutte de classe mais aussi lutte des groupes opprimés dans les différentes sociétés ?
  4. Peut-on parler d’une domination de l’économie sur les sociétés contemporaines, sans distinguer les différents rapports sociaux et les différents critères de rationalité qui ont marqué les systèmes et les pensées économiques à travers l’histoire humaine ?
  5. Si la décroissance est pour certains avant tout un « mot-obus », c’est bien parce que ce qui se joue, au-delà de la critique largement partagée du productivisme et de la société de consommation, touche au projet de société, à la façon dont se construisent les droits individuels et collectifs, dont se consolident les progrès sociaux. Trop valoriser l’ « autonomie » perdue des sociétés humaines au détriment de ce qui fonde les luttes collectives ici et maintenant ne laisse-t-il pas la porte ouverte à des dangers de dérive réactionnaire ?

Ne vaudrait-il pas mieux déplacer le débat pour poser les axes d’un autre développement, social et écologique, en rupture radicale avec la l’omniprésence du profit et de la marchandisation tous azimuts ?

 
 
divers/podcast/video/seminaire/080211/start.txt · Dernière modification: 2011/03/28 15:21 par michel
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